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mardi 23 mars 2010

[WHO'S WHO ?] Erik LARSEN, le père du Savage Dragon

[WHO'S WHO] Erik LARSEN, le père du SAVAGE DRAGON

Avec Erik LARSEN, le [WHO'S WHO ?] des comics ouvre ses portes ! Nous reviendrons ainsi régulièrement sur les artistes de la bande-dessinée américaine afin de découvrir leur parcours et leurs œuvres.
Savage Dragon, Spider-Man, TMNT
Le nom d’Erik LARSEN est intimement lié à celui du SAVAGE DRAGON, un super-héros original évoluant dans l’univers d’Image Comics. En effet, ce personnage constitue non seulement l’un des piliers de l’éditeur, mais s’impose véritablement comme la concrétisation d’un rêve d’adolescent pour son créateur.

DE LA NAISSANCE DE LA FRUSTRATION...

Né le 8 décembre 1962 à Minneapolis dans le Minnesota, Erik Jon LARSEN a grandit entre Bellingham, Washington et Albion en Californie. Très tôt, il se passionne pour le dessin et crée son propre héros, le DRAGON, qui deviendra plus tard le célèbre SAVAGE DRAGON. Aussi, en 1985, son travail au sein d’un fanzine l’amène à être repéré par Gary CARLSON, qui lui propose un comic-book professionnel, Megaton. C’est à ce moment qu’il introduit le personnage du DRAGON au grand public.

Alors qu’il tente d’entrer en contact avec un éditeur pour décrocher un contrat, Erik LARSEN rencontre Jim SHOOTER, éditeur en chef de la Maison des Idées, lors d’une convention à Chicago. SHOOTER est si impressionné par le travail du jeune homme qu’il consent à co-scénariser une histoire avec lui, une histoire qui met en scène une bataille entre le géant Hulk et le dieu Thor. Si cette aventure ne fut jamais publiée, elle permit néanmoins à LARSEN de se faire repérer. Aussi, dès 1987, il est appelé à réaliser THE AMAZING SPIDER-MAN # 287, un épisode fill-in de la série du Tisseur pour le compte de Marvel, mais aussi les numéros #13,14, 15, 16,17 de DNAgents pour Eclipse, ainsi que la partie artistique de la Doom Patrol pour DC. Peu après, il choisit de quitter DC pour travailler sur le PUNISHER chez Marvel, mais il n’est capable de tenir que cinq épisodes.

A l’époque, ce qui le hante, c’est non seulement dessiner, mais aussi de scénariser des aventures. Quand il a l’opportunité d’œuvrer en tant qu’artiste complet sur Nova, il n’hésite pas à quitter les frasques de Frank Castle… De fait, c’est quand Todd McFARLANE annonce son départ de la série The Amazing Spider-Man dont il a assuré l’immense succès, qu’Erik LARSEN a l’opportunité de se consacrer à un personnage important. Il est donc choisi pour succéder à McFARLANE et livre plusieurs histoires qui seront très populaires, parmi lesquelles The Return of the Sinister Six, The Cosmic Spider-Man et The Powerless Spider-Man. Cependant, bien qu’ayant acquis une position confortable avec l’Araignée, il est véritablement frustré de dessiner seulement les histoires des autres… Aussi, quand en 1992, Rob LIEFELD l’invite à participer à la création d’un nouvel éditeur de comic-books appelé Image, Erik LARSEN n’hésite pas longtemps, et s’allie ainsi à Todd McFARLANE, Rob LIEFELD, Jim LEE, Marc SILVESTRI, Whilce PORTACIO et Jim VALENTINO pour lancer de nouveaux héros pour ce label.

... AU DECHAÎNEMENT DU DRAGON !

Pour lui, Image constitue une grande opportunité : il reprend alors son personnage du DRAGON, et le met à jour en lançant la série SAVAGE DRAGON dont le succès est immédiat. LE DRAGON. Un humanoïde à la peau verte, possédant un aileron sur le sommet du crâne et n’ayant que deux orteils à chaque pied. LE DRAGON, dont le facteur auto-guérisseur lui octroie la faculté de se soigner et même de faire repousser ses membres. LE DRAGON, aux origines auréolées de mystère, car son amnésie l’empêche de se souvenir de quoi que ce soit qui remonte avant son réveil dans un incendie à Chicago… tout du moins, jusqu’à la parution en 2006 de SAVAGE DRAGON # 0. LE DRAGON, simplement le rêve d’Erik LARSEN.

Couverture du premier numéro de l'ongoing SAVAGE DRAGON

En 1993, le SAVAGE DRAGON a commencé une aventure longue de plus de 100 épisodes, la série s’imposant avec SPAWN comme la seule série originale qui soit encore publiée, mais aussi la seule dont tous les numéros furent scénarisés et dessinés par son créateur. A ce propos, on peut arguer qu’Erik LARSEN a clairement la volonté de faire en sorte qu’il n’existe aucun numéro du SAVAGE DRAGON dont il ne soit pas l’auteur complet… Ainsi, il existe deux versions de l’épisode # 13 : une première, réalisée par Jim LEE et Brandon CHOI en octobre 1994 dans le cadre d’un événement au cours duquel les séries d’Image étaient prêtées à d’autres créateurs, et une autre, reprise quelques mois plus tard par un Erik LARSEN perfectionniste qui en fit la seule et unique version officielle.

Dans les pages de cette série, il se fait véritablement plaisir, nouant avec l’influence de Jack KIRBY et Walt SIMMONSON quand il met en scène des scénarii teintés d’humour impliquant des terres alternatives (les épisodes # 43 à # 45), des délires cosmiques (Dieu et Satan bataillant fermement pour obtenir l’âme du Dragon dans l’épisode # 31), des batailles musclées (contre Overlord dans le # 21, contre Hercules et Thor dans le numéro # 47), amenant le héros à croiser les autres héros d’Image (comme l’attestent la présence de SPAWN dans le # 30, des personnages de WANTED de Mark MILLAR dans le # 126, du super-héros INVINCIBLE de Robert KIRKMAN dans le # 139, ou de WITCHBLADE dans le # 140) mais aussi des personnages réels… comme un candidat à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama, que le DRAGON soutient fermement dans sa campagne et rencontre même dans l’épisode # 137.

Outre ce héros dont il poursuit toujours les aventures, Erik LARSEN laisse libre cours à ses idées et crée ainsi la FREAK FORCE, le SUPERPATRIOT, le DEADLY DUO, et revitalise les TEENAGE MUTANT NINJA TURTLES. En sus de son travail chez Image, il est aussi retourné occasionnellement travailler chez Marvel sur des titres comme les FANTASTIC FOUR, THOR, THE DEFENDERS, WOLVERINE ou encore NOVA. En 2004, Erik LARSEN est devenu l’Editeur d’Image Comics et en 2008, il prépare le DRAGON à retrouver les autres héros de l’univers Image au sein du crossover IMAGE UNITED.

A noter que la série SAVAGE DRAGON fit même l’objet d’une adaptation animée de 26 épisodes diffusés entre 1994 et 1995.

dimanche 14 février 2010

[CRITIQUE] TMNT: Aux origines

[CRITIQUE VO] TMNT: Aux origines

Paroles du générique français du premier anime Tortues NinjaTortues Ninjas, Tortues Ninjas
Tortues Ninjas, Tortues Ninjas
Tortues Ninjas, Tortues Ninjas
COWABUNGA le cri des ninjas

Quatre tortues d'enfer dans la ville
Chevaliers d'écailles et de vinyle
Ce sont des guerriers fantastiques
Ils sortent les nunchak', c'est la panique

Tortues Ninjas, Tortues Ninjas
Tortues Ninjas, Tortues Ninjas

Pour venger Splinter, ils sortent les katanas
Ils sont les meilleurs et font la loi
Mais quand il s'agit d's'amuser
Finie la terreur, on est là pour rigoler


Teenage Mutant Ninja Turtles, communément abrégé TMNT et connu en France grâce à son adaptation animée sous le titre LES TORTUES NINJA, est à la base un comic-book prévu en un épisode. Parue chez Mirage Comics, cette bande-dessinée a été créée par Kevin EASTMAN et Peter LAIRD, qui donnent alors naissance à une parodie pastichant notamment l’œuvre de Frank MILLER, ce qui explique qu’on y retrouve un univers noir, sanglant, où évolue des ninjas. Le clin d’œil le plus appuyé étant celui du Clan des Foots, évoquant volontiers le Clan de la Main créé par MILLER pendant son run sur DAREDEVIl.

La couverture du premier épisode des Tortues Ninja

A la lecture du premier épisode, on sent que les auteurs sont partis avec la volonté de boucler leur histoire rapidement : ainsi, SHREDDER, la némésis des Tortues que l’on a retrouvée dans les différentes adaptations cinéma ou télé, disparaît à la fin de l'épisode. Néanmoins, à l'instar des autres supports, il s’impose toujours comme l’ennemi intime de SPLINTER, le rat maître des Tortues Ninja, et il doit être éliminé.

A l’origine, Shredder porte le nom d’Oroku Saki, frère d’Oroku Nagi, rival d’Hamato Yoshi, ancien maître de Splinter. Tout a basculé le jour où Yoshi a tué accidentellement Nagi. Tous deux étaient épris de la même femme, Tang Shen, et une violente dispute a éclatée. Celle-ci fuit alors avec Yoshi aux Etats-Unis. Cependant, Saki, ivre de rage, est bien déterminé à venger la mort tragique de son frère. Il s’entraîne alors intensément et réussit à devenir le chef du Clan des Foots en Amérique. Il se rend alors sur place pour accomplir son sinistre dessein. Yoshi et Shen mis à mort, Saki se consacre alors à un autre plan : devenir le chef du Clan des Foots.

De son côté, Splinter a fui, mais un contact avec un agent mutagène l’a transformé, lui et quatre bébés tortues qui pataugeaient là dans une ruelle. Tous les cinq deviennent alors des humanoïdes. Le rat décide alors d'entraîner les tortues et d’en faire les instruments de sa vengeance contre Oroku Saki. Il les baptise d'après les noms de grands artistes de la renaissance: LEONARDO, DONATELLO, RAPHAEL et MICHAELANGELO. Naissent alors les TORTUES NINJA.


La double-page du premier épisode des Tortues Ninja

L’épisode s’ouvre sur une rapide présentation des Tortues avant d’opter pour le flash-back contant ces origines. Il revient ensuite sur la décision de Splinter d’en finir définitivement avec Shredder et il envoie ses élèves défier ce dernier qui leur oppose tout d’abord ses ninjas du Clan des Foots. Une fois ses hommes de main défaits, Shredder s’en prend alors aux Tortues et au terme d’un combat acharné, il est vaincu : les Tortues lui offrent alors la possibilité de se faire seppuku afin de mourir dignement, mais il refuse et s’apprête à tous les faire sauter avec une grenade. Donatello a alors le réflexe de lui jeter son bô au visage, l’entraînant alors dans une chute mortelle du haut de l’immeuble. Ainsi finit Shredder.

Il est donc particulièrement amusant de voir comment cet épisode prévu pour n’être qu’un simple one-shot est devenu la licence à succès qu’est celle des Tortues Ninja. Assurément, les créateurs des TMNT souhaitaient simplement se faire plaisir, et cela se ressent : l’histoire est simple, les personnages ne s’encombrent pas de considérations quand ils se battent et répandent le sang et l’humour est absent. Le trait est encore maladroit mais s’accommode parfaitement avec cette une histoire de vengeance très noire. Cependant, tous les éléments sont là, et si les "Cowabunga" et autres pizza n'existent pas ici, il n'en reste pas moins que le mythe est esquissé.




Quelques pages du premier épisode dessinées par Peter LAIRD

Malgré le succès des Tortues, le comic-book original est aujourd’hui extrêmement difficile à se procurer. Heureusement, le site officiel des TMNT met à disposition les aventures dessinées de nos tortues mutantes préférées !