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lundi 26 avril 2010

[CRITIQUE] Travis CHAREST: Enter the SPACEGIRL

[CRITIQUE] Travis CHAREST: Enter the SPACEGIRL

L'artiste canadien Travis CHAREST s'est permis un petit plaisir en marge de sa production pour les grands éditeurs: réaliser un titre original, publié régulièrement sur le web, qui conterait case après case les aventures d'une SPACEGIRL. Particulièrement influencé par l'école Métal Hurlant, il signe alors une aventure particulièrement originale, confrontant son héroïne à l'inconnu d'une planète désertique où elle se retrouve confrontée à d'étranges situations.

Couverture française de SPACEGIRL

Ses 56 premières pages sont si jouissives qu'elles ont rapidement été compilées dans un ouvrage vendu exclusivement dans les conventions aux Etats-Unis, avant d'être repris en France par l'éditeur Semic Carabas, qui permet donc de se procurer cette nouvelle graphique en volume relié, de manière exclusive dans le monde.

L'histoire de SPACEGIRL est tout ce qu'il y a de plus basique: son vaisseau étant endommagée, la guerrière de l'espace qui donne son titre à l'ouvrage se voit contrainte de se poser sur un monde qu'elle ne connaît pas. Aussitôt, elle se retrouve attaquée par des robots tueurs appelés Méga-Borgs, et elle se réfugie dans un tunnel qui la mène au cœur d'une citadelle improbable, guidée par une voix qui résonne dans sa tête. Elle ne tarde pas à faire connaissance avec le propriétaire de cette voix, un homme emprisonné, doté de pouvoirs bio-électriques et qui se fait passer pour le dernier survivant de la guerre qui a ravagé cette planète.

SPACEGIRL découvre un monde ravagé, sans savoir qu'elle est espionnée...

Aussitôt, la jeune SPACEGIRL décide de l'aider à fuir son bourreau s'il lui trouve un moyen de partir. Alors qu'ils trouvent un vaisseau, ils tombent nez à nez avec le maître des robots, un vieillard qui n'a rien à envier à l'Empereur Ming du comic-strip FLASH GORDON. Ce-dernier tente de convaincre la guerrière de l'espace que la situation n'est pas celle qu'elle croit, mais elle refuse de l'entendre, et il se fait descendre par le prisonnier en clamant que c'est lui le dernier... SPACEGIRL et son acolyte embarquent, et tandis que le vaisseau parvient à s'extirper de la base avant son auto-destruction, ils se dirigent vers la station spatiale de la Lune Delta.

SPACEGIRL aux prises avec les Méga-Borgs

Le piège tente alors de se refermer, et le prisonnier révèle ses plans... Mais la jeune femme avait compris son manège suite aux révélations du vieillard, et elle s'éjecte du navire sans demander son reste, dérivant alors dans l'espace.

L'épilogue déplace l'action au cœur du croiseur de combat lourd Strikker, au fin fond de la nébuleuse Greeg. Sur le pont, le commandant est informé que le signal de Béta-1-1 a été repéré, ce matricule renvoyant à celui de SPACEGIRL, qui est qualifiée de traîtresse, et que le Cadet Alpha, une autre spacegirl, est envoyée éliminer.

SPACEGIRL menacée par le maître de la citadelle

On le voit, l'intrigue met du temps à se mettre en place, mais l'idée esquissée par la conclusion du volume augure du meilleur avec au programme une rencontre haute en couleur entre deux guerrières de l'espace. Dans le même ordre d'idées, le fameux prisonnier pourrait signer son retour.
Le prisonnier révèle ses sombres intentions

Aussi, bien que la forme d'une case par page ne permette pas une narration des plus fluides, elle offre au lecteur la possibilité de découvrir de splendides planches réalisées par l'artiste. De plus, l'univers dépeint reste sympathique, renvoyant au meilleur du space-opera et aux histoires qui firent les beaux jours de Metal Hurlant. Face à un ouvrage de cette qualité, qui offre aussi bien des planches en noir & blanc qu'en couleurs réalisées par CHAREST lui-même, on ne peut qu'attendre impatiemment la suite, d'autant plus que le dessinateur se fait particulièrement rare en raison de son rythme de travail... En attendant, on pourra se reporter aux ARMES DU META-BARON, dont il a illustré une grosse partie des pages, et qui s'installe lui aussi dans la veine de Metal Hurlant, scénariste et éditeur oblige !

vendredi 9 avril 2010

[CRITIQUE] STAR WARS: THE HIDDEN BLADE

[CRITIQUE VO] STAR WARS: THE HIDDEN BLADE

Dark Horse ComicsOn a remote world, DARTH VADER chafes at the assignment given to him by the EMPEROR: guarding an Imperial manufacturing facility from the anti-Imperial natives. VADER feels the duty is beneath him—until he learns that a Jedi Master and his Padawan are in league with the natives!

Now the game is afoot, and VADER is on the trail of his favorite prey. No ambush, no local monstrous lizards, will deter him his pursuit. Woe be to the Jedi when Vader catches up with them! This issue follows events in STAR WARS EPISODE III: REVENGE OF THE SITH!

Après les one-shot STAR WARS: PURGE et STAR WARS PURGE: SECONDS TO DIE, les fameuses Purges Jedi s'étoffent avec un nouveau récit intitulé STAR WARS: THE HIDDEN BLADE.

La couverture de STAR WARS: THE HIDDEN BLADE par Chris SCALF

Sorti le 7 avril 2010 aux éditions Dark Horse, ce comic-book est écrit par W. Haden BLACKMAN, familier de la licence depuis une dizaine d'années déjà, et dessiné par Chris SCALF, que l'on connaissait jusque-là pour les couvertures qu'il avait réalisé pour la série STAR WARS LEGACY. Aujourd'hui, ce dernier revient donc en artiste complet puisqu'il illustre l'intégralité du numéro avec brio. Si son style peint convient peut-être mieux à des couvertures et à des illustrations, il n'en confère pas moins à ce récit une grande force et un ton épique... le corollaire, c'est qu'il perd beaucoup en dynamisme, et qu'on a l'impression d'avoir une suite d'images statiques là où on aimerait une histoire plus linéaire. En tous cas, ces illustrations sont magnifiques et permettent à ce comic-book de s'inscrire dans le haut du panier.

"Now he comes".

L'histoire s'ouvre sur une bataille acharnée opposant les forces impériales aux natifs d'Otavon XII. Aussi, quand DARTH VADER intervient, le temps semble se figer. Dès la deuxième page du comic-book, Chris SCALF sublime le Seigneur Noir de la Sith avec une magnifique illustration le montrant plongeant sur les Otavi avec un plan en contre-plongée. A cet instant, les Otavi sont autant subjugués que le lecteur, car rarement l'âme damnée de l'Empereur nous a semblé si menaçante. Alors que dans STAR WARS: PURGE on nous présentait un VADER encore maladroit, peinant à maîtriser son corps mécanique, on comprend ici qu'il est la terreur que l'on a toujours connue, le VADER des Purges tel qu'on l'a toujours imaginé. Et la scène de massacre qui s'en suit ne nous contredira pas.

DARTH VADER au sommet de sa forme

Rapidement, on comprend que DARTH VADER a été dépêché par l'EMPEREUR PALPATINE sur Otavon XII à la Base Tremor afin de hâter la construction des marcheurs AT-AT dans cette fabrique qu'est l'avant-poste impérial RD778083. Mais VADER est obsédé par la traque des Jedi, et il souhaite négocier avec les leader ovoni afin de reprendre sa chasse malgré les réprimandes de son maître.

Aussi, quand un soldat blessé revient en parlant de Jedi, le Seigneur Noir choisit de désobéir, et il s'aventure seul dans la forêt dense. Il ne tarde pas à découvrir Dendro, un padawan qui ne peut survivre à VADER. Affrontant des natifs, domptant une immense créature afin qu'elle lui serve de monture, il ne tarde pas à arriver au mont Dijandi où médite le vieux Maître Jedi Hylon, dit "le trickster", le piégeur.

Et comme lui dit ce-dernier avant de mourir, tout deviendra clair quand VADER retournera là d'où il vient... Et effectivement, tout devient plus clair quand le tueur de Jedi retourne à la base Tremor qu'il découvre totalement ravagée. Tout s'est passé comme Hylon l'avait prévu: il s'agissait d'attirer le Seigneur Noir suffisamment longtemps pour que les Ovani puissent détruire la fabrique de quadripodes impériaux, ce qui apparaît comme un twist final particulièrement bien pensé. A aucun moment le lecteur ne s'y attend, et cette révélation permet à l'histoire d'acquérir un intérêt supplémentaire.

Quant à l'épée cachée qui donne son titre au one-shot, elle fait référence au deuxième sabre de VADER, comme à cette ultime révélation. Au final, en 22 pages, W. Haden BLACKMAN parvient à instiller une ambiance particulière, réhaussée par le dessin de Chris SCALF, mais aussi à montrer que le tempérament impulsif d'ANAKIN SKYWALKER est toujours là derrière le masque. L'EMPEREUR cherche à le dompter, à le rendre plus obéissant, quitte à lui servir ce genre de leçon. Voilà donc un récit très prenant de bout en bout et de surcroît très agréable à l'oeil.


mardi 6 avril 2010

[CRITIQUE] NEMESIS THE WARLOCK: Terror Tube

[CRITIQUE VO] NEMESIS THE WARLOCK: Terror Tube

Si NEMESIS THE WARLOCK s'impose comme l'un des personnages majeurs de 2000AD, c'est avant tout parce que ses créateurs, Pat MILLS et Kevin O'NEILL ont bien pris le temps de le peaufiner. Ainsi, en 1980, la première aventure du sorcier ne le représente absolument pas: on le découvre en tant que combattant de la liberté pilotant son vaisseau, la BLITZSPEAR, et tentant d'échapper à l'impitoyable TORQUEMADA, chef de la Police des Tubes. Mais jamais, en six pages, on ne découvrira le visage du héros. Seul l'extérieur du vaisseau sera visible, entourant ce personnage de mystère.

L'action se passe alors sur la planète Termight, dont on apprendra plus tard qu'il s'agit en réalité de la Terre. Si la surface de ce monde désolé est absolument aride depuis les guerres nucléaires, l'intérieur est parcouru d'immenses tubes où la circulation est intense. C'est ici, dans ce dédale improbable, que TORQUEMADA et ses Terminator vont traquer le vaisseau de NEMESIS, rebelle leader du Credo, qui parviendra à les semer, non sans avoir détruit une tour de contrôle.

Cette histoire courte est en tous cas particulièrement intéressante: en quelques pages, les auteurs réussissent à donner naissance à un univers et à installer deux personnages se vouant un combat sans mercie. Kevin O'NEILL réussit de surcroît à donner aux protagonistes de l'histoire un design particulièrement original, auquel n'échappera pas d'ailleurs NEMESIS lui-même. En tous cas, comme avec les autres séries de l'éditeur, on sent qu'à l'époque, les pages de 2000AD servaient aux auteurs à expérimenter nombre de choses et à tenter de créer un maximum de personnages, de manière à voir lesquels pourraient devenir les égéries du magazine.

A noter qu'à l'origine, cet épisode a été inspiré par une musique populaire, Comic Rock, en fait Going Underground du groupe anglais THE JAM, ce qui explique que l'action se passe sous terre.

Les deux premières planches de TERROR TUBE

Cette histoire donnera naissance à une suite, KILLER WATT, dans laquelle les deux personnages continueront leur course-poursuite, avant de finalement se rencontrer dans la série régulière NEMESIS THE WARLOCK.

lundi 5 avril 2010

[CRITIQUE] CONAN: THE BOOK OF THOTH

[CRITIQUE VO] CONAN: THE BOOK OF THOTH

Dark HorseThere is much blood shed in the book, but most of it is implied; only a few scenes contain graphic violence, although virtually every page bears at least one image that is genuinely terrifying or haunting. Liberal use of shadows and wiry outlines in Kelley's solid but moody art give shape to a world where even the agents of light do not seem entirely trustworthy.

S’il est un ennemi de CONAN que les lecteurs de l’œuvre de ROBERT E. HOWARD ne peuvent oublier, c’est bel et bien THOTH-AMON. Sorcier surpuissant et totalement corrompu apparu pour la première foisdans la chronologie de l’oeuvre dans THE GOD IN THE BOWL, ce personnage se joue volontiers de la mort et affrontera le Cimmérien à plusieurs reprises. Aussi, quand Dark Horse Comics a lancé une nouvelle série sur Conan, elle n’a pas tardé à proposer à Kurk BUSIEK (Thunderbolts, Iron Man, Avengers), alors en charge de la série CONAN, et Len WEIN, créateur de Wolverine, de s’intéresser de près aux origines de ce mystérieux personnage. C’est ainsi qu’en 2006 est née la mini-série THE BOOK OF THOTH, composée de quatre épisodes de 40 pages permettant de faire toute la lumière sur les choix qui permirent à un enfant de devenir le plus grand sorcier que l’âge hyborien ait connu.

Cap sur les origines de THOTH-AMON: la Stygie, une terre aride qui deviendra plus tard l’Egypte. Pour le jeune THOTH, la vie est particulièrement difficile dans les rues de la capitale, Memphia : battu par son père, il n’a d’autre choix que de voler pour le compte de celui-ci s’il veut survivre. Seule son amitié avec AMON l’empêche de sombrer définitivement… Mais les événements vont encourager THOTH à sacrifier cette amitié, ce qui va lui permettre de quitter sa vie et d’intégrer le cercle des prêtres d’Ibis. C’est là qu’il va passer des années à préparer sa revanche, car il est parvenu à entrer en contact avec le dieu-serpent Set, dont il apprend la magie maléfique. L’ascension de l’homme est parfaitement décrite par les scénaristes. On assiste à un long parcours semé d’embûches qui pourtant ressemble à un plan parfaitement élaboré par THOTH : son enfance difficile lui a donné la détermination suffisante pour accomplir exactement ce qu’il veut et manipuler tout le monde sans remord. Ainsi, au terme de l’histoire, on comprend que tout était déjà écrit, comme s’il était prédestiné à devenir ce qu’il est aujourd’hui, et que si un simple choix a changé toute sa vie, l’enfant aurait de toutes façons tout fait pour prendre sa revanche sur la vie. Le hasard a simplement bien fait les choses et totalement servi ses desseins, lui permettant de se rapprocher du roi Cstephon et au final, d’obtenir le pouvoir absolu.

Une planche du premier épisode par Kelley JONES

192 pages permettent ainsi de découvrir le sombre parcours de THOTH-AMON et d’assister au final à une véritable guerre de religion entre les serviteurs d’Ibis et ceux de Set. Ce conflit ébranle quelque peu la foi du sorcier qui aura l’impression d’avoir été trahi, mais il persévèrera dans la magie noire. S’il a tenté de renouer avec sa vie d’avant en essayant de retrouver sa sœur, il comprend bientôt qu’il n’est plus possible de faire machine arrière. Peu importe, il est maintenant omnipotent, et Set règne sur toute la Stygie. Le récit de BUSIEK et WEIN est impeccablement mené de bout en bout, et servi par le style tout en ombres de Kelley JONES. Ce-dernier parvient à prodiguer une force incroyable au scénario, mais par moments, le lecteur peinera à identifier les personnages : en effet, les visages de plusieurs personnages se ressemblent, et parfois, il faut relire la scène afin de bien comprendre ce qui se passe. Un bémol qui reste cependant anecdotique, tant il est plaisant d’assister à la lente ascension du terrifiant THOTH-AMON.

dimanche 14 février 2010

[CRITIQUE] TMNT: Aux origines

[CRITIQUE VO] TMNT: Aux origines

Paroles du générique français du premier anime Tortues NinjaTortues Ninjas, Tortues Ninjas
Tortues Ninjas, Tortues Ninjas
Tortues Ninjas, Tortues Ninjas
COWABUNGA le cri des ninjas

Quatre tortues d'enfer dans la ville
Chevaliers d'écailles et de vinyle
Ce sont des guerriers fantastiques
Ils sortent les nunchak', c'est la panique

Tortues Ninjas, Tortues Ninjas
Tortues Ninjas, Tortues Ninjas

Pour venger Splinter, ils sortent les katanas
Ils sont les meilleurs et font la loi
Mais quand il s'agit d's'amuser
Finie la terreur, on est là pour rigoler


Teenage Mutant Ninja Turtles, communément abrégé TMNT et connu en France grâce à son adaptation animée sous le titre LES TORTUES NINJA, est à la base un comic-book prévu en un épisode. Parue chez Mirage Comics, cette bande-dessinée a été créée par Kevin EASTMAN et Peter LAIRD, qui donnent alors naissance à une parodie pastichant notamment l’œuvre de Frank MILLER, ce qui explique qu’on y retrouve un univers noir, sanglant, où évolue des ninjas. Le clin d’œil le plus appuyé étant celui du Clan des Foots, évoquant volontiers le Clan de la Main créé par MILLER pendant son run sur DAREDEVIl.

La couverture du premier épisode des Tortues Ninja

A la lecture du premier épisode, on sent que les auteurs sont partis avec la volonté de boucler leur histoire rapidement : ainsi, SHREDDER, la némésis des Tortues que l’on a retrouvée dans les différentes adaptations cinéma ou télé, disparaît à la fin de l'épisode. Néanmoins, à l'instar des autres supports, il s’impose toujours comme l’ennemi intime de SPLINTER, le rat maître des Tortues Ninja, et il doit être éliminé.

A l’origine, Shredder porte le nom d’Oroku Saki, frère d’Oroku Nagi, rival d’Hamato Yoshi, ancien maître de Splinter. Tout a basculé le jour où Yoshi a tué accidentellement Nagi. Tous deux étaient épris de la même femme, Tang Shen, et une violente dispute a éclatée. Celle-ci fuit alors avec Yoshi aux Etats-Unis. Cependant, Saki, ivre de rage, est bien déterminé à venger la mort tragique de son frère. Il s’entraîne alors intensément et réussit à devenir le chef du Clan des Foots en Amérique. Il se rend alors sur place pour accomplir son sinistre dessein. Yoshi et Shen mis à mort, Saki se consacre alors à un autre plan : devenir le chef du Clan des Foots.

De son côté, Splinter a fui, mais un contact avec un agent mutagène l’a transformé, lui et quatre bébés tortues qui pataugeaient là dans une ruelle. Tous les cinq deviennent alors des humanoïdes. Le rat décide alors d'entraîner les tortues et d’en faire les instruments de sa vengeance contre Oroku Saki. Il les baptise d'après les noms de grands artistes de la renaissance: LEONARDO, DONATELLO, RAPHAEL et MICHAELANGELO. Naissent alors les TORTUES NINJA.


La double-page du premier épisode des Tortues Ninja

L’épisode s’ouvre sur une rapide présentation des Tortues avant d’opter pour le flash-back contant ces origines. Il revient ensuite sur la décision de Splinter d’en finir définitivement avec Shredder et il envoie ses élèves défier ce dernier qui leur oppose tout d’abord ses ninjas du Clan des Foots. Une fois ses hommes de main défaits, Shredder s’en prend alors aux Tortues et au terme d’un combat acharné, il est vaincu : les Tortues lui offrent alors la possibilité de se faire seppuku afin de mourir dignement, mais il refuse et s’apprête à tous les faire sauter avec une grenade. Donatello a alors le réflexe de lui jeter son bô au visage, l’entraînant alors dans une chute mortelle du haut de l’immeuble. Ainsi finit Shredder.

Il est donc particulièrement amusant de voir comment cet épisode prévu pour n’être qu’un simple one-shot est devenu la licence à succès qu’est celle des Tortues Ninja. Assurément, les créateurs des TMNT souhaitaient simplement se faire plaisir, et cela se ressent : l’histoire est simple, les personnages ne s’encombrent pas de considérations quand ils se battent et répandent le sang et l’humour est absent. Le trait est encore maladroit mais s’accommode parfaitement avec cette une histoire de vengeance très noire. Cependant, tous les éléments sont là, et si les "Cowabunga" et autres pizza n'existent pas ici, il n'en reste pas moins que le mythe est esquissé.




Quelques pages du premier épisode dessinées par Peter LAIRD

Malgré le succès des Tortues, le comic-book original est aujourd’hui extrêmement difficile à se procurer. Heureusement, le site officiel des TMNT met à disposition les aventures dessinées de nos tortues mutantes préférées !

vendredi 12 février 2010

[CRITIQUE] ROBOT 13: dans l'ombre de MIGNOLA

[CRITIQUE] ROBOT 13: dans l'ombre de MIGNOLA

Scoop (9 juin 2009)Creators Thomas HALL and Daniel BRADFORD are set to debut their new comic, ROBOT 13. at the Museum of Comic & Cartoon Art Festival, June 6-7, 2009, and it looks at this point as if there is another fun addition to the comics (and sensibilities) inspired by writer-artist Mike MIGNOLA and his most famous creator, HELLBOY.

This is not to suggest that HALL and BRADFORD are in any way aping MIGNOLA (they are not), but the similar juxtaposed senses of wonder, horror and humor as well as the visual muse are clearly resident here.

What keeps this from devolving into negative territory is the strong story. The title character has no idea what or who it is or where it came from. All it knows is that it has an instinctual and irresistible drive to protect mankind from mythological creatures of destruction, and this first issue gives him ample opportunity to do so.

The creators have sited the influence of Mary SHELLEY’s Frankenstein, and it it’s loud and clear in a very positive way. They’ve made it their own, and the story works. We'll be looking forward to seeing what HALL and BRADFORD do with their creation.

SOURCE
Here is a rundown of things people have been saying about Robot 13

Pour le fan acharné, il est toujours frustrant et enivrant de découvrir une œuvre de son auteur préféré. C’est un peu ce qui traverse l’esprit d’un fan de Mike MIGNOLA quand il découvre cette couverture :

Couverture de ROBOT 13 # 1 par Daniel BRADFORD

Mais quelques investigations plus tard au sujet de ce mystérieux ROBOT 13 permettent de comprendre que MIGNOLA n’est pour rien dans ce projet. Il n’y est impliqué d’aucune façon, n’est même pas cover-artist : il n’est en fait qu’une source d’inspiration pour ce dessinateur ô combien bien inspiré qu’est Daniel BRADFORD, co-créateur de cette série robotique avec le scénariste Thomas HALL.

C’est tout d’abord la ressemblance frappante avec le créateur d’HELLBOY qui frappe les esprits et attire le lecteur vers ROBOT 13. Il fait dire qu’à l’heure où Mike MIGNOLA se fait de plus en plus rare, la perspective de le voir « cloné » dans une nouvelle série est réjouissante. L’histoire conte celle de ROBOT 13, une créature mécanique qui fut repêchée dans l’océan en 1939 au large des côtes de l’Espagne. Ce robot a la particularité d’avoir un crâne humain sur lequel est gravé un 13 à la place de la tête… C’est sur l’origine de cet être étrange que repose le mystère de l’histoire.

Thomas HALL (7 décembre 2009)The design for "Robot 13" as a character came from Daniel. We were approached by a company who knew about "KING!" and wanted us to develop a property for them to turn into a CGI film, so we kicked around some ideas and came up with somewhat of an Ultraman meets Metropolis story. It was full of giant Godzilla-type creatures attacking this "world of the future"-type city, and we had the robot flying and all sorts of crazy stuff. That story had a different name when we started, but we found that name was taken so I named it "ROBOT 13," which was my attempt at a Toho-type name.

SOURCE
Bradford and Hall's Lucky "Robot 13"

Robot improbable + MIGNOLA fait irrémédiablement penser à THE AMAZING SCREW-ON-HEAD, mais l’univers du démon rouge est également très proche quand dès le premier épisode de la série le héros se retrouve confronté à une immense créature tentaculaire digne des meilleurs moments d’HELLBOY. Toutefois, il faut voir que si cette première couverture est vraiment Mignolesque, les pages intérieures et les couvertures suivantes tendent à accaparer une identité propre : moins d’aplats de noir, une colorisation ambrée (pas forcément du meilleur effet), et des personnages peut-être plus originaux.


Deux pages issues des épisodes # 2 et # 3 de ROBOT 13

Alex DUEBEN (7 décembre 2009)There appear so be a clear HELLBOY and Mike MIGNOLA influence on the artwork and the story, but it also feels influenced by the same work and people who influenced MIGNOLA himself - Ray HARRYHAUSEN, Robert HOWARD, Gerard Manley HOPKINS, etc.

SOURCE
Bradford and Hall's Lucky "Robot 13"

La série reste agréable à suivre, mais le dessin s’éloignant du style d’origine, elle tend à perdre de son charme. Quant à l’intrigue du premier arc, COLOSSUS, elle permet au héros de se retrouver confronté à différentes créatures et d’enquêter sur ses origines. A suivre donc…

Une scène d'action qui rappelle quelque chose...